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Equipe de france - Rugby
EQUIPE DE FRANCE DE RUGBY POLICE
Publié le 04 mai 2026
Un doublé MONUMENTAL
Rugby — Équipes de France Police vs Équipes de France Pompiers — Stadium d’Albi, vendredi 17 avril
Le vendredi 17 avril, au stadium d’Albi, dans le Tarn (81), nos équipes de rugby, hommes et femmes, rencontraient leurs homologues pompiers à l’issue d’un stage de trois jours dans la fournaise tarnaise. Deux matchs qui allaient s’avérer grandioses : en voici les résumés.

Les femmes méritent leur seize-art (CÉSAR)
Un titre bien choisi, tant ces filles-là ont fait preuve d’un caractère à toute épreuve.
Contexte : 16 policières contre 24 pompières, une remplaçante chez nous, neuf chez elles. L’année passée déjà, le nombre était le même et les soldats du feu l’avaient emporté d’un petit point (17-16). Mais cette année allait être tout autre… et pourtant.
Un début de match catastrophique : dix minutes, 0-17 pour nos adversaires. Deux choix s’imposaient alors : sombrer ou se réveiller…
Un début de révolte sonnait, à l’initiative de la petite nouvelle, Valentine R., qui, du haut de ses 19 ans, harcelait la défense adverse par ses courses chaloupées et se voyait refuser un essai à la 28ᵉ minute. Nos filles donnaient beaucoup plus qu’en début de match, mais se voyaient punies en contre, et le score passait à 0-24. Un gouffre.
Cependant, juste avant la mi-temps, un essai venait réveiller le stade et secouer un peu nos Bleues : 5-24.
Je vous épargne les mots de la mi-temps, si ce n’est l’insistance sur les extérieurs, là où nos adversaires se montraient les plus fragiles.
La seconde mi-temps allait être tout simplement grandiose. Petit à petit, nos filles revenaient dans le match : un paquet d’avants conquérant, un jeu débridé, une paire de centres présente… et le réveil avait lieu.
À la suite d’un astucieux coup de pied à suivre dans les 22 adverses, Gabrielle P. venait inscrire un essai en coin, transformé par Pauline G., dont le jeu au pied fut précieux tout au long du match par sa longueur et sa justesse : 12-24.
C’est ensuite le paquet d’avants qui se signalait, emmené par Léa M. et Lou T., capitaine exemplaire. Un nouvel essai était inscrit : 19-24.
Il restait alors une quinzaine de minutes à jouer. Le banc des filles du feu se faisait sentir, le temps faible de nos forces devenait long. Mais avec cette envie et cette générosité, elles gagnaient un ballon précieux qui allait les emmener dans les 22 adverses avec une nouvelle pénalité. Trois points de plus : 22-24, cinq minutes à jouer.
Cinq minutes IRRESPIRABLES. Une intensité folle, et sur un nouveau ballon gratté au sol, nos filles pouvaient se projeter en zone de marque.
On jouait la 79ᵉ minute quand Lou T. s’extrayait de la mêlée et s’en allait marquer pour libérer tout un collectif : 27-24.
Quelques secondes à jouer. Le temps pris sur la transformation permettait de laisser filer le chronomètre, et, à la suite du coup de pied, l’arbitre libérait tout le monde d’un coup de sifflet final, faisant exploser de joie l’intégralité du groupe. Même l’effectif masculin, pourtant en échauffement, explosait de joie et prenait une dose d’adrénaline énorme.
S’il fallait définir ces filles en une phrase :
« Le ciel est leur seule limite. »
Quel groupe, quelle bande de femmes incroyables !

Les hommes : quelle bataille !
Il y a deux ans, sur d’autres terres jaunes et noires, celles de La Rochelle, nos forces avaient remporté le match grâce à leur ligne de trois-quarts, tandis que la mêlée avait été secouée comme jamais.
Cette année, les deux effectifs avaient ajusté leurs failles : les pompiers présentaient la meilleure équipe depuis des années ; de notre côté, le souhait de renforcer le paquet d’avants avec de nouveaux visages allait être payant. Et pourtant…
Certainement inspirés par le scénario hitchcockien des féminines, les gars commençaient le match dans le néant et se faisaient rapidement punir par deux essais des soldats du feu sur deux erreurs défensives : 0-14.
Une nouvelle pénalité, et c’est à 0-17 que nos forces se retrouvaient, comme les filles…
Puis le réveil, juste avant la mi-temps, nous permettait de revenir à 12-17, puis 12-20 sur une nouvelle pénalité des pompiers. Une première mi-temps en deçà du niveau des garçons, mais un scénario qui les maintenait dans la course. Point positif : une mêlée dominante… et une première ligne solide.
La seconde mi-temps allait être spectaculaire.
Quand tout s’aligne comme une symphonie : les relances du fond de terrain de Charles R., une charnière et un triangle arrière performants, une troisième ligne dans l’avancée… c’est un tout autre match que le nombreux public présent au stadium découvrait.
Les cannes de Yan D. l’envoyaient dans l’en-but, les avants y allaient du leur aussi, et le match semblait se dessiner quand nos forces menaient 35-23 à la 70ᵉ minute.
Oui mais voilà…
Les soldats du feu ne lâchent jamais. Combattants hors normes, ils imposaient une séquence monstrueuse dans les 22 mètres bleus : sept minutes de défense acharnée. Une séquence dont nous sortions vainqueurs sur un ballon gratté par nos avants.
Mais sur la touche qui en découlait, le ballon était perdu, et les pompiers s’en allaient inscrire un essai qui les ramenait à cinq longueurs, avec trois minutes à jouer.
Trois minutes en apnée…
Mais la défense bleue avait décidé que rien ne viendrait gâcher ce doublé monumental. Sur un énième ballon gratté, l’arbitre — auteur d’une prestation de grande qualité — libérait les joueurs et permettait à nos forces de rentrer avec deux planchots à la maison.

Les déclarations
Élodie M. — entraîneur France féminines
Le match a offert un scénario intense. L’entame a été très compliquée, avec trois essais encaissés en dix minutes, conséquence d’une défense fébrile et d’un manque de repères. Ce début de rencontre a logiquement semé le doute.
Malgré cela, les joueuses ont su réagir avant la pause en inscrivant un essai précieux, leur permettant de rester au contact à la mi-temps. À la pause, un temps d’échange a été laissé au groupe pour se dire les choses et se remobiliser. Le mot d’ordre était simple : retrouver de l’agressivité dans le combat, resserrer la défense et remettre la main sur le ballon.
Au retour des vestiaires, les filles sont revenues avec un tout autre état d’esprit. Plus engagées et plus justes, elles ont rapidement été récompensées par un essai inscrit dès l’entame de la seconde période.
La suite du match est restée serrée jusqu’aux dernières secondes, avec deux équipes qui se sont rendues coup pour coup. Finalement, un essai libérateur à la 79ᵉ minute est venu offrir la victoire.
Un succès construit au mental et à la solidarité. Elles ne se sont pas facilité la tâche, mais cette première victoire apporte de très bons enseignements sur la capacité du groupe à réagir dans l’adversité.
Philippe G. — entraîneur France masculins
Ce fut une victoire de caractère à Albi pour le groupe France face aux pompiers. Face à une équipe qui s’était renforcée spécialement pour ce match et qui avait misé sur la puissance de son paquet d’avants en début de partie, nos joueurs ont su réagir avec intelligence et engagement, nous permettant de recoller au score à la mi-temps.
L’organisation collective et la solidarité ont fait la différence, permettant de reprendre le contrôle du match, avant de faire preuve d’une énorme solidité défensive pour conserver l’avantage jusqu’au bout.
Une victoire construite sur la discipline et l’état d’esprit de l’équipe.
Mention spéciale à tout le groupe France pour cette belle victoire.
Maxime L. — Directeur Technique National
Mon Dieu que ce fut dur. Sincèrement, les filles… je vais commencer par elles : m****, quelle bande de femmes. Franchement, personne dans le stade ne les voyait gagner à la mi-temps, sauf elles et nous, le staff.
Leur seconde mi-temps, c’est une œuvre d’art de résilience. À 16, gagner comme ça… Mesdames, vous êtes incroyables. Merci pour tout.
Pour les garçons, c’est à leur image : une bande de mecs qui, lorsqu’elle le décide, marche sur l’adversaire. Le staff a fait un gros travail sur le projet de jeu et on en ressent clairement les effets. Et là aussi, quelle résilience.
Ce sont deux succès de bon augure pour la suite. Dans un mois, on saura où on en est en rencontrant les Britanniques.
Pour finir, un grand merci aux joueuses et joueurs pour leur investissement, parfois au-delà du sportif. Félicitations à Élodie qui, pour sa première sur le banc, repart avec la victoire : elle le mérite, et je sais que le groupe la suivrait même à la guerre.
Merci également à Philippe, Tony, Ludo, André : le projet avance et ils en sont des acteurs majeurs. Merci à Brice, Laure et Christophe, venus aider en dernière minute.
Et enfin, un énorme merci aux bénévoles du comité d’animation du SCA, qui nous ont permis de passer une soirée incroyable. Sans eux, rien n’aurait été pareil.
Maintenant, cap sur le 21 mai et un autre match pour les garçons.